Malgré un solde migratoire positif, la population de la Gaspésie diminue
GASPÉ – Même si la Gaspésie affiche un solde migratoire positif pour une neuvième année consécutive, le défi de la démographie reste entier car il y a plus de décès que de naissance dans la région.
Pour la période du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025, le solde migratoire interrégional affiche un gain net de 387 personnes provenant d’autres régions du Québec, selon l’analyse faite par la Stratégie Vivre en Gaspésie à partir des données de l’Institut de la statistique du Québec diffusées mercredi.
Toutes les MRC ont fait des gains.
« On a eu un peu plus de moins de 2000 arrivants et un peu plus de 1500 personnes ont quitté la région, ce qui nous amène à ce solde positif à nouveau cette année », relate le directeur de la stratégie, Danik O’Connor.
La qualité de vie, les emplois disponibles et les campagnes de promotion aident à l’attraction de la région.
« Il y a un accompagnement personnalisé dans chacune des MRC qui aident les nouveaux arrivants dans leur installation et ça fait la différence », croit M. O’Connor.
La stratégie s’est adaptée et cible maintenant des besoins spécifiques comme la recherche de travailleurs de la santé et les services sociaux, l’éducation ou de l’administration.
« On met beaucoup d’efforts pour combler ces postes car les habitants veulent profiter de ces services. »
Sur le terrain, la crise du logement se fait un peu moins sentir alors que les nouveaux arrivants réussissent dans la majorité des cas à se loger, même si parfois, « ce n’est pas un logement de rêve », évoque M. O’Connor.
Les efforts de la région pour stimuler l’offre de logement donne des résultats.
Rien n’est gagné
La Gaspésie enregistre 1100 décès pour seulement 500 naissances, ce qui laisse un déficit de 600 personnes, ce qui veut dire que pour simplement maintenir la population actuelle, il faudrait une migration interrégionale ou internationale au moins du même niveau.
Situation vécue en Gaspésie depuis des années, le Québec franchit l’étape de la décroissance.
« Cette année, c’est la première fois qu’il y a plus de décès que de naissances. Le Québec en entier est en décroissance naturelle comme plusieurs pays industrialisés. Pour réussir à voir la population augmenter, les personnes immigrantes deviennent une solution majeure ou augmenter la fécondité de la population », évoque le directeur.
Les politiques gouvernementales de réduction en immigration auront un impact général sur la population québécoise au cours des prochaines années sur les données démographiques.
La stratégie va survivre
Le financement octroyé par Québec à la Table des préfets de la Gaspésie a vu les fonds dédiés à de tels organismes être réduits.
« On a fait nos preuves et on sent que les acteurs du milieu et les élus sont avec nous pour trouver des solutions, malgré la conjoncture économique. La démographie demeurera un enjeu majeur pour les prochaines années. La région continue à être en décroissance naturelle », évoque le directeur.
