La CSN plaide pour les travailleurs étrangers chez LM Wind Power
GASPÉ – Quelque 140 travailleurs philippins expérimentés œuvrant à l’usine de pale LM Wind Power de Gaspé sont menacés d’expulsion en 2026 et 2027, en raison de nouvelles règles fédérales plus strictes et qui se resserrent sans cesse.
La nouvelle exigence imposée aux entreprises pour qu’elles puissent conserver ses travailleurs étrangers temporaires implique des seuils salariaux élevés.
Ce seuil, qui permet de se conformer à la catégorie des hauts salaires, avait déjà été haussé de 20 % en 2024 et il a été fixé à près de 35 $ l’heure en juin 2025.
« Le resserrement aux règles de l’immigration ne devrait pas nuire à l’économie canadienne et québécoise, et en Gaspésie. Ce sont des travailleurs chez nous depuis plusieurs années et jouent un rôle essentiel au sein de l’usine. On demande à Ottawa de faire attention avec ces règles », indique le président du Conseil central de la CSN Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Pierre-Luc Boulay.
Ottawa reste stricte malgré les représentations qui sont faites au cours des derniers mois.
« Ces travailleurs sont indispensables, pas seulement pour LM mais pour le Québec », ajoute M. Boulay.
« On est d’accord avec ce principe de seuil salarial. On demande justement à LM Wind Power d’augmenter nos salaires et avantages à hauteur de 35 $ l’heure dans la prochaine convention collective, mais on craint que ça ne suffise pas pour conserver nos employés. Ce barème a été augmenté ces dernières années. Même si on atteint le seuil actuel, on risque de seulement gagner du temps puisqu’il pourrait de nouveau être haussé significativement en cours de convention », explique le président du Syndicat des travailleurs de LM Wind Power, Jean-Éric Cloutier.
Ce dernier note que plusieurs travailleurs se sont intégrés depuis plusieurs années et leurs enfants font leur scolarisation dans la région.
« Le problème qu’on a, c’est que les libéraux ont laissé les portes grandes ouvertes. Selon les économiques, ça a aggravé la pénurie de logements, mis une pression sur les services publics et fait augmenter le taux de chômage dans les régions urbaines. La situation en Gaspésie n’est pas la même », note pour sa part le député bloquiste de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes.
« Il faut trouver une façon de permettre à ces gens de rester de façon permanente. Le fédéral ne doit pas être dans le mur à mur et se donner plus de temps pour permettre aux gens qui sont ici comme travailleurs temporaires et qui veulent rester, puissent faire les procédures pour obtenir leur résidence permanente », ajoute l’élu.
Malgré tout, l’avenir de l’usine ne serait pas en danger si les travailleurs philippins devaient quitter, selon M. Cloutier.
Selon lui, le bassin de travailleurs locaux serait en mesure de compenser la perte au goutte-à-goutte des Philippins sur deux ans si Ottawa s’entête à restreindre leur accès au marché du travail du Canada.
La centrale syndicale s’en prend aussi à General Electric, une très grande multinationale américaine active notamment dans le secteur des énergies renouvelables.
La CSN affirme qu’il est inadmissible qu’une entreprise comme GE sous-paye ses travailleurs qui gagnent 28 $ de l’heure dans un secteur de pointe.
Pierre-Luc Boulay craint qu’on restreigne trop radicalement la possibilité d’engager des travailleurs étrangers en Gaspésie et que la main-d’œuvre locale ne suffise pas pour assurer un développement économique dans la région.
