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Obstétrique : la table féministe et le député de Gaspé préoccupés

La coordonnatrice de la Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Nastassia Williams. (Photo Le Soir, Nelson Sergerie)

GASPÉ – Après la mésaventure survenue le 2 janvier à une femme de Rivière-à-Claude qui a accouché sans son dossier médical à Matane alors que le service était découvert à Sainte-Anne-des-Monts, la Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et le député de Gaspé se disent préoccupés par ces problèmes récurrents.

 Les découvertures sont multiples à Sainte-Anne-des-Monts et de façon occasionnelle à Maria et Gaspé.

« C’est une situation hautement préoccupante. Ça fait des années qu’on le dit. On voit simplement une situation qui est en train de se normaliser. Cette situation particulière est le reflet de ce qu’on décrit depuis un certain temps », mentionne la coordonnatrice de la table, Nastassia Williams.

Admettant que le CISSS et les équipes d’obstétrique tentent des efforts pour trouver une solution, ce n’est pas une situation optimale.

Le fait de ne pas savoir d’équipes en place à certains moments pourrait causer des incidents.

« Envoyer en transfert une femme avancée dans son travail pourrait mener à un accouchement dans un transport entre Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé ou Sainte-Anne-des-Monts et Matane. Pour nous, tous les transferts durant un travail sont à décourager car ça perturbe le déroulement normal et ça crée des risques. Ce que les familles réclament, c’est d’avoir des équipes permanentes », justifie la coordonnatrice pour qui il s’agit d’un risque majeur.

« Ça nous amène à questionner si les citoyens de la Gaspésie ne sont pas vraiment traités comme des citoyens de deuxième classe. Le Québec et le Canada ont signé des ententes internationales qui considèrent les citoyennes comme des titulaires de droits en santé et ces droits impliquent d’avoir l’accès à des services de proximité », explique-t-elle.

Lors de découverture, le rayon peut s’élargir jusqu’à 200 ou 300 kilomètres entre le lieu de résidence et le centre hospitalier dédié par corridor de service.

« S’il y a un service qui doit être offert dans un rayon raisonnable, c’est bien l’obstétrique », lance la coordonnatrice.

Le fait de devoir accoucher ailleurs qu’à l’établissement prévu peut causer des difficultés pour le support familial, prévoir le gardiennage des enfants déjà nés, les conditions météorologiques difficiles en hiver et bien d’autres soucis qui sont anxiogènes.

« On a des craintes à long terme. Est-ce que le gouvernement va poser des gestes pour assurer des services à la hauteur auxquels elles ont droit ? Est-ce qu’on va mettre en place des mesures pour s’assurer qu’il y ait des infirmières formées pour permettre aux femmes d’accoucher chez elle ? », se demande Mme Williams.

La table aura des discussions avec le CISSS afin de participer aux tables locales et régionale pour réfléchir à des solutions.

« Mais on est conscient qu’une part de responsabilités revient au gouvernement et à Santé Québec qui doivent déployer les ressources nécessaires pour maintenir des équipes », ajoute la coordonnatrice qui rappelle qu’il y a beaucoup d’épuisement dans le réseau.

Les conditions de travail doivent valoriser cette pratique et permettre de garder des équipes stables.

Le député préoccupé

Le député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix, a pris connaissance du cas de cette femme de la Haute-Gaspésie en tout début d’année.

« On a un enjeu avec l’obstétrique sur le territoire. C’est une situation complexe en termes de ressources. Ça demande des ressources spécialisées. On travaille à augmenter les cohortes étudiantes en soins infirmiers. Une structure étudie l’offre de service et maintenir les corridors de services », mentionne l’élu caquiste.

Il constate comme tous que les bris sont récurrents, particulièrement à Sainte-Anne-des-Monts.

« Mais à court terme, c’est difficile », admet-t-il.

La fin du recours à la main-d’œuvre indépendante qui tient à bout de bras le service notamment à Sainte-Anne-des-Monts ajoutera au problème.

« Une règle d’exception pourra être regardé de près, considérant la situation », avance le député.

L’objectif est de permettre le maintien de l’unité en service.

« J’ose espérer qu’on trouvera des éléments de solution. »

Des incitatifs pour attirer des infirmières-obstétriciennes sont étudiées tout comme la consolidation de l’offre de sage-femmes pourraient aider.

« Il faut je pense se donner la liberté de réfléchir autrement et trouver des idées qui sortent en dehors de la boite », suggère l’élu.

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