Des experts pour comprendre l’état de la glace à l’aréna de Gaspé
GASPÉ – La fin abrupte d’un match de hockey sénior le 27 décembre entre les Corsaires de Forillon et les Vikings du Rocher en raison de la qualité de la glace à l’aréna de Gaspé ramène à l’avant-plan la nécessité de doter la capitale de la Gaspésie d’une infrastructure moderne.
Les Corsaires ont indiqué dimanche soir qu’ils ne disputeront aucun match à l’aréna de Gaspé « ni pour les séries à venir, ni pour les prochaines années, à moins d’être en dernier recours ».
La glace s’est liquéfiée à deux endroits à la fin de la deuxième période lors de la partie, ce qui a mis fin au match.
« À court terme, l’aréna est fonctionnel mais la qualité de la glace est médiocre. C’est un bris inhabituel, que nos équipes ne connaissent pas. Nos équipes ont investigué et doivent faire venir des spécialistes pour investiguer davantage pour trouver le problème et les pistes de solution et si une solution existe, à quel prix », commente le maire, Daniel Côté.
« Ça fait des années qu’on le connait le problème, ça fait des années qu’on est en mode solution et ça fait des années qu’on se fait dire non pour du financement gouvernemental. Il est absolument nécessaire que les incidents qu’on a connu durant le temps des fêtes doivent se transformer en appui public par les organisations qui vivent les problèmes. Le gouvernement doit considérer la situation actuelle comme une obligation de sa part de répondre présent », lance l’élu.
Gaspé est prêt à déposer son projet d’aréna – la phase 1 du complexe multisports – lors du prochain appel de projet pour les infrastructures de sports et de loisirs prévu en février.
Au budget 2026 déposé en décembre, la Ville a indiqué 34 millions $ dans son plan triennal d’immobilisation pour le volet aréna.
Le maire appuie ce chiffre sur le nouvel aréna construit au coût de 30 millions $ à Caraquet qui vient d’être inauguré ou le projet de deux glaces à Sept-Îles avec une facture de 78 millions $.
« Un simple aréna coûte maintenant entre 30 et 35 millions $ », analyse l’élu.
Des critiques se lèvent et demandent plutôt une rénovation de l’aréna actuel.
« On n’est pas dans une dictature. Mais nous, on a étudié la question et on reçoit un appui massif de la population. Il y a des gens qui ont de la mauvaise information qui pensent qu’on est encore dans le complexe multi sportif soumis en 2020. On n’est plus dans ce modèle-là », réplique M. Côté.
Il reste que, selon lui, il faut un aréna pour offrir les sports de base qui ont toujours fait vibrer la région.
« L’aréna tient par un petit bout de fil blanc qui est en train de péter au complet. Est-ce qu’une ville comme Gaspé peut vivre sans un aréna ? La réponse est non », répond-il catégoriquement.
Si les experts concluent que le système de réfrigération est difficilement ou pas réparable, une décision devra être prise.
« S’il y a des travaux qui coûtent 10 ou 15 millions $, oui, on ferme l’aréna. Je veux être clair », lance M. Côté.
Une optimisation des activités devra se faire avec Rivière-au-Renard dans un tel scénario, mais c’est impossible de fonctionner qu’avec un seul aréna.
« On aurait dû se faire dire oui en 2023. On était 19e au classement national. Il y avait assez d’argent pour répondre aux 19 premiers projets. Tout est démontré. On devait être dans les priorités gouvernementales, mais un choix différent a été fait pour des raisons obscures », rappelle l’élu.
Le maire ne veut pas se prononcer sur un prix plafond à investir pour prolonger artificiellement l’aréna actuel.
« J’espère que l’aréna actuel sera récupérable. On n’a pas de montant spécifique en tête. On a le facteur temps. On sait qu’il y a des chances qu’on se fasse dire oui cette fois-ci et qu’on puisse aller de l’avant rapidement auquel cas un montant à mettre pour une réparation temporaire sera plus faible. Dans le cas où ça pourrait prendre 10 ans pour que le gouvernement nous finance, le montant à investir pourrait être plus grand pour faire des réparations. 500 000 $ sur deux ans peut être digeste. 5 millions $ sur 10 ou 15 ans peut être digeste. Tout dépend de la période temporelle. Il y aura un calcul à faire », évoque l’élu.
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