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Mines Gaspé : la fosse dénoyée dès l’an prochain

Le chef de la direction de Métaux Osisko, Robert Wares. (Photo Le Soir, Nelson Sergerie)

GASPÉ – Une étape importante de l’éventuelle relance de Mines Gaspé de Murdochville est sur le point de se produire avec l’étape délicate de dénoyage de la fosse, une opération qui devrait être lancée l’an prochain et durer près de trois ans.

Le débit à la sortie de la fosse sera d’un mètre cube par seconde et l’eau traversera trois bassins d’eau sur cinq kilomètres avant d’arriver à la rivière York.

L’objectif est de retirer 35 milliards de litre d’eau de la fosse, faiblement cuivrée.

Métaux Osisko affirme que la qualité de l’eau qui quittera la fosse n’affectera pas la rivière York.

« Oui, on est à 100 % certain. Avec toutes les études qu’on a faites, on va au-delà de toutes les normes provinciales et de Pêches et Océans Canada. On est très confiant qu’on sera capable de baisser la teneur de cuivre à 10 parties par milliard. Plus loin que ça, ce serait de l’eau distillée. On ne peut pas concevoir que cela pourrait affecter les saumons », indique le chef de la direction, Robert Wares.

La norme québécoise est de 100 parties par milliard et la fosse est à 60 parties par milliard.

« À 10 plus la dilution naturelle dans la rivière York, je suis sûr que ça va baisser en bas de ça », assure le chef de la direction.

La méthode utilisée pour diluer le cuivre sera la même que celle utilisée dans les usines de traitement des eaux pour alimenter les aqueducs municipaux.

Une surveillance en continu se fera en temps réel pour s’assurer de la qualité de l’eau, en collaboration avec des chercheurs du Conseil national de recherche du Canada et l’Institut national de recherche scientifique.

Près de 1,5 million $ seront investis dans les différents projets, dont une partie financée par Osisko.

Ces résultats pourraient servir ailleurs dans des projets futurs à l’échelle canadienne.

« On espère dénoyer l’automne prochain », dit M. Wares.

Un pas de plus vers l’exploitation

En 2025, 118 000 mètres de forage ont été réalisés sur les montagnes environnantes et 150 000 mètres depuis le début des activités en 2022.

Le cuivre à Murdochville serait d’excellente qualité.

« Le concentré qui sortira de Mines Gaspé a toujours été de très bonne qualité sur les marchés mondiaux et ce sera le cas pour la future mine. Il y a toujours un bon marché pour des concentrés de cuivre de haute qualité », soutient le dirigeant qui a été géologue à l’époque de Noranda dans les années 1990.

L’entreprise prévoit produire 500 000 tonnes de concentrés par année une fois les activités relancées.

Toute la production sera vendue à Glencore, la minière qui avait vendu le site de Murdochville à Osisko pendant la pandémie.

« Il y a une demande pour le cuivre. D’ici 2050, il faudra doubler la production mondiale qui se tient à environ 23 millions de livres de cuivre métal en raison du développement de l’économie globale et l’intelligence artificielle », avance M. Wares.

Selon lui, aucun aspect ne mettrait un frein au démarrage de la mine qui devrait être en exploitation.

« Plus ça avance, plus il y a des retards. En ce moment, on vise 2032. On aura besoin d’un partenaire pour l’exploitation », évoque M. Wares qui n’exclut pas vendre Osisko si une entreprise recevait «  une bonne offre ».

Pour relancer les activités, 3 milliards $ seront nécessaires.

« L’année dernière, on parlait de 1 milliard $ pour une opération de 50 000 tonnes par jour. Ça s’est avéré pas très favorable du côté économique. On a travaillé pour grossir la ressource. En ce moment, on envisage pour notre étude économique préliminaire 150 000 tonnes par jour », explique le chef de la direction.

Il n’est pas question de mettre une fonderie sur le site en raison de la complexité environnementale.

« En Amérique du Nord, il est pratiquement impossible d’obtenir un permis pour une fonderie. Le concentré va partir par bateau pour les fonderies d’Europe ou Horne en Abitibi », note-t-il.

Le rail fait toujours partie des plans.

« J’imagine que Glencore va envoyer une partie de la production vers la Horne. Ce serait important que le chemin de fer soit réparé. Il n’est pas en état d’accepter des wagons bourrés de concentré de cuivre. Il faudra que Québec s’implique pour remettre le chemin de fer en bon état », suggère le dirigeant.

Cet élément fera partie de l’étude économique préliminaire.

M. Wares espère que le projet pourra se qualifier pour l’accélération des évaluations environnementales alors qu’Ottawa et Québec souhaitent voir les projets stratégiques notamment pour les minéraux critiques être analysés plus rapidement.

Les étapes environnementales du projet viendront après le dépôt de l’étude économique préliminaire prévue en février 2026.

Si le processus se fait via la voie régulière, il pourrait durer jusqu’à quatre ans.

Par ailleurs, Osisko a mis en place une stratégie pour impliquer les citoyens de Murdochville dans le développement.

Jusqu’à maintenant, près de 200 résidents sont actifs dans les discussions.

Osisko prévoit un forage de 40 000 mètres additionnels pour préciser la ressource en 2026.

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