Kuma Brakes est repris à l’international
GASPÉ – L’entreprise Plaquette de frein B et B connue aussi sous le nom de Kuma Brakes de Gaspé qui a déclaré faillite le 3 novembre a été reprise par une multinationale.
Dellner Wind Solutions, qui se présente comme un leader mondial dans la conception et la fabrication de systèmes de freinage et de systèmes hydrauliques pour le secteur de l’énergie éolienne s’est porté acquéreur des actifs.
Le repreneur a conclu un bail à court terme avec la Ville de Gaspé, puisque l’entreprise se trouve dans le motel industriel de Sandy Beach.
« On n’a pas encore les détails. Comme on est propriétaire du bâtiment, le repreneur nous a joint pour un nouveau bail transitoire de trois mois. Est-ce qu’il y aura un intérêt à poursuivre les activités ici ? J’ai espoir », note le maire, Daniel Côté.
Kuma Brakes fabriquait des plaquettes de frein pour l’éolien et développait des freins pour le ferroviaire avec des innovations qui lui étaient propres.
« Espérons que le développement de l’entreprise pourra se faire à Gaspé avec le personnel en place », évoque l’élu.
Dellner a des installations aux États-Unis, au Brésil, en Europe et en Asie.
Le maire fait le pari que l’entreprise reste à Gaspé.
« Il n’y a rien qui les empêchent d’avoir une entreprise à Gaspé. Il y a un potentiel éolien majeur qui s’en vient avec 10 000 mégawatts au Québec. Il y a plusieurs parcs éoliens déjà présents au Québec. Kuma Brakes avait des clients américains et pouvait développer des clients à l’international », mentionne le maire.
Daniel Côté n’a pas pu parler avec l’entreprise.
Dellner n’a pas répondu à nos courriels.
Un portefolio économique
Aussi surprenant que cela puisse paraitre, Gaspé n’avait pas de portefolio pour présenter les données économiques pour des promoteurs de toutes catégories.
« On avait quelques données à l’interne qu’on mettait en exergue lorsqu’on rencontrait des investisseurs. On y allait à la bonne franquette, sans avoir un grand plan marketing d’attraction », admet le maire.
« On va développer un document d’attraction pour les investisseurs en général, que ce soit dans l’immobilier, le commercial, l’industriel. Le document se veut attractif avec des données socioéconomiques avec l’objectif de susciter des investissements », justifie l’élu.
La firme LGP est chargée de monter le document avec un contrat de 8850 $.
Traverse maritime
Des développements pour le lien maritime entre la Gaspésie, Anticosti et la Côte-Nord se produiront au cours des prochaines semaines alors que le promoteur, le port de Havre-Saint-Pierre, doit faire le point.
Le port avait commandé des études économiques pour valider l’opportunité de remettre en place une traverse.
« On approche de quelque chose de plus concret. Chaque fois qu’on parle au niveau politique à Québec, il y a beaucoup d’ouverture. Ce ne fut pas toujours le cas. Le désenclavement de l’île d’Anticosti et le développement du tourisme parlent beaucoup », illustre M. Côté.
Le maire y voit aussi un potentiel économique pour approvisionner l’île à partir de Gaspé, un peu comme le Relais Nordik le fait à partir de Rimouski pour la Basse Côte-Nord.
« Les études économiques sont probantes. On dévoilera plus de résultats lors d’un point de presse à venir, organisé par le porteur du projet », se limite à dire le maire.
Train
Le maire de Gaspé reste confiant de voir le rail réhabilité jusqu’à Gaspé alors qu’au tournant de l’année 2026, rien ne transpire alors que Québec a renvoyé le dossier en études au budget de mars dernier.
« Ce serait spécial que le gouvernement lance la serviette, surtout qu’il y a beaucoup de travaux réalisés dans l’axe Port-Daniel-Gascons-Gaspé. Il reste du travail à faire sur certaines structures », note le maire.
« Un chemin de fer totalement restauré doit être vu sur un horizon de 100 ans. Ils sont capables d’investir dans divers projets de transports. S’il n’y avait aucun travail fait entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé, je me gratterais la tête. Présentement, il y a pleins de travaux. Est-ce qu’on va laisser des ponts rénovés à coup de dizaines de millions $ ? Ça n’a pas de bon sens », dit-il.
Le maire rappelle que le potentiel de développement du rail se trouve à Gaspé avec l’exportation de pales d’éolienne.
« Je pense qu’on va avoir un plan en conséquence. Les ingénieurs du MTQ sont sur la planche à dessin pour réévaluer les coûts. Peut-être qu’ils vont présenter un plan B ou C au ministre des Transports. On continue d’y croire », soutient M. Côté.
« Ils ont commencé le job. Je pense qu’ils vont le finir », lance-t-il.
Québec avait annoncé en juin 2023 571 millions $ pour le tronçon 3.
Les soumissions étaient sorties supérieures de 150 millions $ à 200 millions par rapport aux estimés.
Discrétion sur le budget
Les élus ont amorcé le travail pour définir le budget 2026.
Cependant, il y a trop d’éléments inconnus pour avancer une projection alors que le nouveau conseil n’est entré en fonction que le 14 novembre.
Des factures restent à entrer, des organismes doivent être rencontrés, le plan triennal d’immobilisation doit être analysé.
Le budget sera déposé le 22 décembre.
Pas de promesse pour une hausse de taxe sur la cible de l’inflation de 3,2 %.
« Je ne garantirai pas qu’on sera à l’inflation brute. Sur chaque bloc de quatre ans, on a respecté l’inflation. C’est une forme d’engagement que je peux prendre sur le mandat. Sur le budget qui arrive, je ne peux me lier pour l’instant. Il reste trop de paramètres à éplucher », calcule l’élu.
